Ce jour où je suis devenue maman

by Clo
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C’est le plus souvent au petit matin que je ressens le besoin d’écrire. De raconter et de parler de choses plus intimes. Parfois, c’est sur la mélodie d’une musique que les mots les plus doux me viennent.

Ce matin, j’ai senti venir l’inspiration. Alors que tout le monde dort encore, je me lève sans faire un bruit, me prépare un thé noir puis me mets à écrire. Ce jour où je suis devenue maman, je dois le raconter, le partager. J’ai pourtant longtemps hésité à le faire, savoir si c’était bien ou non. Et puis je me suis dis que c’était important pour moi de le faire, de l’écrire pour ne jamais l’oublier.

Mes proches comme mes collègues m’ont souvent demandé de leur raconter cette journée. Au bureau, nous sommes principalement des femmes alors partager cette expérience riche en émotions est réconfortante, rassurante pour les futures mamans. Je crois en l’entraide féminine et si je peux vous rassurer en vous racontant mon histoire, j’en serai ravie. D’autant plus qu’il est parfois difficile de se rassurer avec les expériences traumatisantes de certaines, celles qui ne veulent pas raconter. Nous sommes toutes différentes face à la maternité et à ses moments personnels alors je décide de me lancer pour de bon et de vous écrire ce que j’ai sur le cœur.

Mon accouchement ne sera jamais un tabou. Car après tout, qu’y a t-il de plus beau que de donner la vie ?

Si je devais donner un conseil, ce serait celui de ne pas penser trop tôt à son accouchement. Depuis le jour où j’ai appris que j’allais devenir maman, je me suis mise dans la tête que ma grossesse allait très bien se passer. Inutile de se mettre la pression ou de se créer des scénarios, vous le savez comme moi, rien ne se passe jamais comme nous l’imaginons. Alors autant partir positive dès le début.

Il ne faut pas non plus sous estimer son corps. Nous avons la chance de pouvoir donner la vie alors à quoi bon stresser, la douleur n’est que secondaire.

Je rêvais d’un accouchement dans l’eau et je voulais qu’il soit le plus naturel possible. Gérer la douleur et réussir à éviter la péridurale. Finalement, je n’ai pas pu accoucher dans l’eau car la maternité qui pratiquait ce genre d’accouchement était bien trop loin de mon domicile et même si j’ai lutté longtemps, j’ai fini par accepter cette fichue péridurale. Ma plus grande peur n’était pas l’accouchement en soi mais plutôt l’idée que l’on puisse me faire une césarienne si bébé rencontrait des difficultés à sortir et ça, c’était inconcevable pour moi.

Tout comme accoucher à l’hôpital. J’avais peur. Je ne voulais pas me retrouver dans un bâtiment immense et froid, attendre des heures que l’on m’aide à accoucher et me retrouver dans une chambre partagée ou dans un couloir parce qu’il n’y a plus de lits de disponibles.

Une amie m’a récemment raconté son accouchement et s’est justement retrouvée à patienter dans un couloir avec bébé, le temps qu’une chambre se libère car il n’y avait plus de places, alors qu’elle avait réservé une chambre individuelle.

Je sais et je suis consciente que cela peut paraître futile aux yeux de certaines car donner la vie est bien plus important, et c’est une chance que d’autres ne peuvent avoir.

Il est temps de vous raconter ma journée…

 

Lundi 27 Juillet

Ce matin-là, je devais rendre visite à mon gynécologue pour la dernière fois avant l’accouchement. Finalement, ce rendez-vous s’est fait à la maternité et c’est en cette belle journée d’été que bébé a décidé de pointer le bout de son nez.

Le soleil s’est à peine réveillé que j’ai sentis que cette journée allait être très spéciale. Pour une fois, j’avais plutôt bien dormi jusqu’à ressentir ce tiraillement dans le bas de mon ventre. Alors je me suis levée pour me faire couler un bain. L’eau m’apaisait et la douleur s’atténuait. Était-ce seulement une impression ?

Je me suis souvenue ce que m’avait dis la sage femme. Noter à combien d’intervalle sont les contractions pour éviter de venir trop tôt à la maternité et être renvoyée chez soi. Alors j’ai attrapé un morceau de papier, un stylo et je me suis armée de patience jusqu’à ce que mes contractions soient régulières. D’environ 5 minutes.

J’ai alors appelé la maternité pour être sûre que je pouvais m’y rendre. Mes contractions étaient devenues plus régulières et j’avais cette envie d’aller à la selle. « Surtout, vous ne poussez pas ! Cette sensation est tout à fait normale. » M’avait dit la sage femme.

10h30. Il est temps de partir. Ne pouvant me déplacer à pieds jusqu’à la station de métro pour ensuite rejoindre la maternité, j’ai fait appel à une ambulance. Une demie heure plus tard je quittais mon domicile. J’avais évidemment pris le soin de revoir une dernière fois ma valise et celle de bébé, entre deux allers-retours sur le canapé pour oublier la douleur des contractions.

11h00. J’arrive à la maternité où une auxiliaire de puériculture me prends en charge, m’accompagne et m’installe en salle de travail. Je ne me souviens plus de son prénom mais elle était top. Tout comme l’équipe, d’ailleurs.

Elle évalue mes contractions et me demande si je vais bien. Hormis la douleur, tout allait pour le mieux, enfin, je crois. L’anesthésiste passe me voir pour la péridurale. J’ai tenté de lutter mais j’ai succombé. Je sens l’aiguille me transpercer le dos puis au bout de quelques minutes, je ne sens plus la douleur. J’ai comme un regain d’énergie même si je suis exténuée.

Mon gynécologue arrive sur place. Moi qui avais justement rendez-vous avec lui à cette heure-ci.

Le travail ne tarde plus et je vais devoir commencer à pousser. De toute façon, je ne peux pas faire autrement puisque pousser est la seule manière de soulager les contractions. C’est incroyable ce que notre corps peut endurer, les efforts qu’il peut fournir. Je pousse à plusieurs reprises, en reprenant mon souffle à chaque fois. Mon bassin n’étant pas large, la tête rencontre quelques difficultés à sortir, du coup mon gynécologue m’annonce qu’il va procéder à une épisiotomie. Le terme en lui-même me fait peur et en même temps, je m’en contre-fiche. Le plus important et ma priorité sont la vie de mon bébé. Je continue de pousser. Les auxiliaires sont des amours avec moi.

13h38. Une dernière poussée avant que bébé ne sorte définitivement.

Et c’est ainsi qu’Aurore est née. ♡

On me la met sur moi un court instant. Elle ne pleure pas. Pourtant, un bébé doit pleurer, non ? Mais je suis heureuse de la voir. Soulagée. Mon accouchement est allé si vite, tout compte fait. La sage femme coupe le cordon puis reprends Aurore pour la mettre sous oxygène. Rien de grave, m’avait-elle dit. Je reste patiente et fait confiance à l’équipe médicale. Je garde mes émotions et mes larmes puis respire un grand coup. Pourtant, j’avais terriblement besoin de pleurer et d’évacuer. On m’a ensuite appuyé sur le ventre pour sortir le placenta. Après une petite toilette, je me suis sentie très seule d’un coup. Tout le monde avait déserté. Et moi je devais attendre qu’elle puisse revenir. J’ai donc pris mon téléphone et j’ai envoyé des messages à mes proches pour les prévenir.

Puis,  ils l’ont enfin rapportée. Elle était sous oxygène, allongée dans une box. Ce n’est que quelques heures plus tard que la sage femme me l’a mise sur moi pour la première tété. Cela n’a pas été évident mais on s’en est plutôt bien sorti toutes les deux.

Merci à Aurore d’être arrivée dans ma vie.

A la fin de cette histoire, mon histoire, vous devez certainement vous demander où est le papa. Et je vous comprends. La curiosité est un vilain défaut mais je sais au plus profond de moi que nous sommes nombreuses à vivre cette situation et c’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai choisi de répondre à cette question. Le papa ne s’est pas pointé à l’accouchement. Il avait déjà été difficile de le réveiller et de lui demander de m’accompagner que lui demander de rester résultait de l’impossible. Et j’avais de loin l’envie d’entrer en conflits à ce moment.

Alors oui, j’ai accouché seule. Et croyez-moi, le plus dure est de loin cette magnifique épreuve.

Mais après tout, ne vaut-il pas mieux accoucher seule plutôt qu’être mal accompagnée dans ce moment si cher à votre vie ?

Je vous embrasse et prenez soin de vous ♡

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